1er Congrès d’études congolaises : le professeur José Mvuezolo Bazonzi plaide pour une RDC « puissance géopolitique assumée »

En marge du Premier Congrès d’études congolaises lancé le 26 mai dernier, à l’Université officielle de Mbujimayi, le professeur José Vuzolo, enseignant à l’Université de Kinshasa, a livré une réflexion approfondie sur l’avenir géopolitique de la République démocratique du Congo. Dans un entretien avec la presse, il est revenu sur son intervention dans le cadre des travaux scientifiques consacrés au devenir du Congo au troisième millénaire. Le professeur Joseph a présenté une communication intitulée : « La RDC à la croisée des chemins : jalons pour un destin géopolitique assumé ».

Dans son speech, il a expliqué que son analyse part d’un constat qu’il qualifie de « paradoxal ».

« La République Démocratique du Congo , comme tout le monde le sait, est connue comme un pays de scandale géologique. Aujourd’hui, cette réalité est devenue une réalité géologique puisque la RDC est dotée de ce qu’on appelle les minerais critiques, qui sont responsables aujourd’hui, qui sont impliqués dans ce qu’on appelle la transition énergétique », a-t-il déclaré.

Pour l’orateur, la richesse minière du pays doit désormais servir de levier stratégique afin de transformer la RDC en puissance régionale et continentale. Le professeur José Mvuezolo a ainsi développé cinq axes majeurs qu’il considère comme indispensables pour permettre au Congo de s’affirmer dans le concert des nations :

  • Le premier jalon concerne la souveraineté territoriale.
  • Le deuxième pilier repose sur le leadership climatique grâce au bassin du Congo.
  • Sur le plan économique, le professeur Mbuzukile a plaidé pour une industrialisation locale capable de valoriser les ressources naturelles du pays.
  • L’intégration régionale, c’est à dire à sortir du « schéma d’intégration naïve ».
  • La diplomatie robuste et Multivectorielle.

« Notre pays est doté de minerais critiques, mais il faudrait jeter les bases d’une industrialisation pour que nous puissions être capables de produire, de transformer localement nos matières premières, et cela va booster notre économie. Il faut que nous soyons dans le schéma d’intégration solidaire, c’est-à-dire qui peut apporter de la plus-value aux pays. Le corridor de Lobito est une bonne opportunité, mais nous insistons aussi sur le fait qu’il faut que nous ayons des corridors intérieurs, par exemple le corridor Kindu-Kongolo-Kamina pour essayer de désenclaver le pays », a-t-il expliqué.

Poursuivre, le professeur Mvuezolo a estimé que la RDC doit apprendre à défendre efficacement ses intérêts dans un contexte international marqué par la convoitise autour de ses ressources naturelles.

Dans un autre chapitre, il a, au -delà du contenu scientifique, salué l’organisation du Premier Congrès d’études congolaises qu’il qualifie d’« historique ».

« C’est la première fois qu’une telle activité scientifique est organisée au Congo. C’est un moment historique puisque ce congrès rassemble beaucoup de spécialistes venus de tous les coins, même de l’extérieur du pays, pour réfléchir sur les problèmes du pays », a-t-il déclaré.

Enfin, le Professeur José Mvuezolo est revenu sur l’évolution spectaculaire de l’Université officielle de Mbujimayi, qu’il a comparé à l’Université de Sussex d’Angleterre, du point de vue infrastructures.

« Je suis venu ici en 2006. C’était encore l’extension de Lubumbashi, c’était une petite université, quelque chose de très minable. Mais aujourd’hui, c’est une université moderne. L’année passée, j’ai fait un séjour de recherche à l’Université de Sussex, en Angleterre, et j’avoue que c’est la même architecture pratiquement, avec les allées extérieures et intérieures.», a-t-il témoigné avant d’appeler les étudiants, les usagers et tous les professeurs à prendre soin de ce bijou pour que les générations futures puissent aussi en bénéficier.

Lancé le 26 mai dernier, le premier Congrès d’études congolaises se poursuivra jusqu’au vendredi 29 mai 2026. Il est organisé autour du thème général : « Demain, le Congo du troisième millénaire : conscience historique, gouvernance des savoirs et devenir national ».

Les plus consultés