Nord-Ubangi : le parti M.U.R.R.E alerte sur l’insécurité attribuée aux éleveurs Mbororo

Le Mouvement Uni pour la Renaissance, la Réforme et l’Équité (M.U.R.R.E) a publié, ce mardi 27 janvier, une déclaration politique dénonçant ce qu’il qualifie de dégradation grave de la situation sécuritaire dans la province du Nord-Ubangi, qu’il attribue à la présence d’éleveurs Mbororo, initialement installés en République démocratique du Congo comme réfugiés climatiques.

Dans un document signé par son Secrétaire général, Alain Diamba Tara Ahonziala, le parti dirigé par Freddy Koyandome Koyagialo affirme que ces populations, venues principalement de pays d’Afrique de l’Ouest touchés par la sécheresse, se seraient progressivement installées dans plusieurs provinces du nord du pays, notamment le Bas-Uélé, le Haut-Uélé et plus récemment le Nord-Ubangi.

Selon le M.U.R.R.E, la cohabitation entre les communautés locales et ces éleveurs serait devenue conflictuelle, marquée par des actes de violences, des destructions de champs, des spoliations de biens et des atteintes à la sécurité des populations civiles.

Le parti évoque notamment un incident survenu le jeudi 22 janvier 2026 au village Polongo, dans le groupement de Dondo-Kotakoli, territoire de Mobayi-Mbongo. Un jeune homme de 22 ans, identifié sous le nom de Songolo, aurait été tué dans des circonstances particulièrement violentes. Le M.U.R.R.E attribue ce meurtre à des individus assimilés aux Mbororo, une information qui n’a pas encore fait l’objet d’une confirmation officielle des autorités locales.

Face à cette situation, le parti politique dit craindre une extension de l’insécurité dans les territoires de Yakoma et Mobayi-Mbongo, et appelle à des mesures urgentes à différents niveaux.

À la population locale, le M.U.R.R.E recommande le refus de toute cohabitation avec ces groupes, tandis qu’au gouvernement provincial, il demande :
•le recensement des éleveurs Mbororo, de leurs familles et de leur cheptel ;
le désarmement de toute personne détenant des •armes ou objets jugés dangereux ;
•leur regroupement dans des sites spécifiques en attendant une décision nationale ;
•l’arrestation et la poursuite des auteurs présumés du meurtre signalé.

Au gouvernement central, le parti préconise l’ouverture de négociations diplomatiques avec les pays d’origine afin d’organiser le retrait de ces populations du territoire congolais.

Enfin, le M.U.R.R.E interpelle directement le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en sa qualité de Garant de la Nation, l’appelant à prendre en compte cette déclaration qu’il qualifie de patriotique, dans l’optique d’un retour à une paix durable sur toute l’étendue du territoire national.

Pour l’heure, les autorités provinciales du Nord-Ubangi n’ont pas encore réagi officiellement à cette sortie politique, alors que les questions liées à la gestion des réfugiés climatiques, aux conflits agropastoraux et à la sécurité des populations civiles restent au cœur des défis sécuritaires en RDC.

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