La tension monte au sein de l’administration publique en République démocratique du Congo. Les fonctionnaires menacent de manifester ce jeudi 18 février 2026, si leurs salaires ne sont pas versés d’ici mercredi soir sur l’ensemble du territoire national.
« D’ici mercredi soir, si la paie ne passe pas sur l’ensemble du territoire, jeudi matin à 10h, nous serons en train de revendiquer notre paiement, qui est notre droit », a déclaré le président national du Syndicat interministériel de la réforme de l’administration publique (SIRAP).
Son président, Paul Yapay Makengo, affirme que la situation est inédite. « C’est la toute première fois en RDC que les fonctionnaires ne comprennent pas pourquoi ils ne sont pas payés », estime-t-il. Il déplore également « l’absence totale d’explication » de la part des ministres en charge de la Fonction publique, des Finances et du Budget.
Même indignation du côté de l’Intersyndicale nationale de l’administration publique (INAP). Son président, Bienvenu Mulenda Yemba, s’interroge sur les annonces officielles évoquant un paiement différé : « On dit qu’on paiera le mois de janvier en février. Vous allez payer un mois. Et l’autre mois, vous le payez quand ? »
Face à cette incertitude, les agents publics expriment leur détresse. « Pendant ce temps, nous mangeons comment ? Nous vivons comment ? », lance-t-il, soulignant les difficultés quotidiennes des fonctionnaires.
Pour lui, la situation est d’autant plus préoccupante que les salaires restent faibles : « Non seulement nous avons un salaire modique, mais en plus, nous ne le percevons pas à temps. » Il appelle ainsi le ministre des Finances à verser deux mois de salaire afin d’apaiser la grogne sociale.
À quelques heures de l’ultimatum, le gouvernement est attendu au tournant. Sans réponse concrète, les rues pourraient devenir, dès jeudi matin, le théâtre d’une mobilisation nationale des agents de l’État.
