Le Kongo Central a vécu, ce mercredi 28 janvier 2026, l’un des moments politiques les plus sensibles de son histoire institutionnelle récente. À l’issue d’une réunion du Bureau de l’Assemblée provinciale, le gouverneur Grâce Bilolo a été formellement livré à la justice.
Réunis à midi dans la salle des plénières de l’Assemblée provinciale, les cinq membres du Bureau ont, à l’unanimité, autorisé le Procureur général près la Cour de cassation à ouvrir une instruction judiciaire à l’encontre du chef de l’exécutif provincial. Une décision lourde de sens, prise dans un climat de gravité et de responsabilité institutionnelle.
Selon le Bureau, cette autorisation vise avant tout à « permettre au gouverneur de présenter ses moyens de défense », rappelant ainsi l’attachement de l’organe délibérant au respect des principes de l’État de droit. L’Assemblée provinciale souligne, par ailleurs, que Grâce Bilolo demeure présumé innocent à ce stade de la procédure.
Le gouverneur du Kongo Central est toutefois soupçonné de détournement de plus d’un million de dollars américains, une accusation qui, si elle venait à être confirmée, porterait un coup sévère à la gouvernance provinciale et à la confiance des citoyens envers leurs institutions.
Cette décision marque un tournant majeur. Elle illustre la volonté affichée de l’Assemblée provinciale de ne pas se soustraire à son rôle de contrôle, même lorsque les faits concernent la plus haute autorité exécutive de la province. Pour de nombreux observateurs, il s’agit d’un signal fort envoyé en faveur de la redevabilité et de la lutte contre l’impunité.
Dans l’attente de l’instruction judiciaire, le Kongo Central retient son souffle. Au-delà du sort personnel du gouverneur, c’est l’image de la gouvernance publique et l’espoir d’une gestion responsable des deniers publics qui se jouent désormais devant la justice.
