Dès l’aube de ce lundi 26 janvier 2026, la grève des conducteurs de transports en commun a profondément perturbé la circulation à Kinshasa, transformant les rues de certaines communes en longues files de piétons. À Bandalungwa, Kintambo , Gombe, au centre de la capitale congolaise, des centaines d’habitants ont été contraints de parcourir de longues distances à pied pour rejoindre leurs lieux de travail ou d’études.
Sac sur le dos, Marie Kiala, employée dans une société privée, marche d’un pas pressé sous le soleil déjà pesant. « Je suis partie de la maison à 5 heures du matin. Habituellement, je prends un taxi-bus, mais aujourd’hui il n’y avait rien. Si je n’arrive pas à temps, je risque une sanction », confie-t-elle, essoufflée.
D’autres, comme Jean-Pierre, élève du secondaire, ont opté pour les motocyclistes. « C’est cher, mais je n’avais pas le choix. Les examens approchent », explique-t-il.
Au rond-point Ngaba, scène inhabituelle : aucun taxi-bus, aucun taxi-moto. Le carrefour, d’ordinaire bondé et bruyant, est resté presque désert. « On dirait un dimanche matin », observe un vendeur ambulant. « Depuis ce matin, il n’y a pas de clients. Tout est bloqué à cause de la grève », regrette-t-il.
Cette paralysie fait suite à la grève décrétée par les différentes associations de chauffeurs, laissant de nombreux usagers dans l’incertitude. Toutefois, la situation n’est pas uniforme dans toute la ville. Dans le regroupement communal de Tshangu, à l’est de Kinshasa, aucun mouvement de grève n’a été observé. Les transports y fonctionnaient normalement, au grand soulagement des habitants.
« Ici, nous avons circulé sans problème ce matin », témoigne Pauline Masengu., commerçante à Tshangu. « Quand on entend ce qui se passe ailleurs, on se rend compte que nous avons eu de la chance aujourd’hui. »
En attendant une issue à ce mouvement de grève, de nombreux Kinois restent confrontés à une mobilité réduite, contraints de s’adapter, souvent dans la fatigue et l’incertitude.
