Le gouvernement congolais a rejeté l’invitation de l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki à une conférence sur la crise sécuritaire et politique qui secoue la République démocratique du Congo (RDC), en Afrique du Sud, estimant que l’ancien chef d’État sud-africain s’est aligné sur les thèses des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, et juge son initiative « inappropriée ».
Cette position a été donnée ce jeudi 28 août par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, devant une poignée des journalistes. Muyaya a déclaré qu’aucune autorité congolaise ne se rendrait en Afrique du Sud pour prendre part à la rencontre initiée par la Fondation Thabo Mbeki. « Quelles que soient ses intentions, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, et le conseiller spécial en matière de sécurité du président Tshisekedi ne répondront pas à cette invitation », a-t-il insisté.
Le ministre de la Communication et médias a par ailleurs dénoncé l’attitude de l’ancien président sud-africain, qu’il accuse d’adopter un discours « complaisant » vis-à-vis des rebelles du M23 et de leurs alliés. « Cette conférence est inopportune et l’initiative émane d’une personnalité qui a pris la défense de ceux qui agressent et endeuillent les Congolais », a martelé Patrick Muyaya.
Cette position traduit la méfiance persistante de Kinshasa vis-à-vis de certaines médiations internationales, dans un contexte où les combats se poursuivent à l’Est du pays. Pour les autorités congolaises, seule une démarche respectant la souveraineté nationale et condamnant clairement les agresseurs peut constituer une base crédible de dialogue.
En rejetant cette invitation, le gouvernement Tshisekedi réaffirme sa volonté de maîtriser l’agenda politique interne et de ne pas se laisser imposer une médiation perçue comme défavorable aux intérêts de la RDC.