Le Front Commun pour le Congo, plate forme politique de l’ancien président Joseph Kabila se dit n’est pas concerné par les consultations politiques en cours en vue de la formation d’un gouvernement de l’Union nationale.Raymond Tshibanda président de la cellule de crise de cette structure politique a fait cette mise au point ce lundi 24 mars jour de lancement de ces pourparlers entre la classe politique, la société civile congolaise sous l’initiative du Président Félix Tshisekedi.
Le FCC évoque trois raisons qui justifient sa mise à l’écart à ces consultations:
Premièrement, parce que dans la note signée par le Conseil Spécial en matière de Sécurité et rendue publique lors du point de presse de 22 mars dernier, il est précisé que « les consultations seront fondées sur le respect d’un certain nombre de principes, dont le respect des institutions dûment établies » (voir tiret 5). Or la position constante du FCC a été et demeure que toutes les institutions et tous les animateurs d’institutions issus des élections de décembre 2023, organisées en violation des lois pertinentes et marquées par une fraude d’ampleur inédite, sont illégitimes et que cette illégitimité est une des principales causes de la crise actuelle. Cette illégitimité ne peut donc être ignorée ou exclue des débats, si le veritable objectif des consultations est de régler la crise.
Deuxièmement, tel qu’expliqué par le Président de la République lui-même, ces consultations ont pour finalité la constitution d’un Gouvernement d’union nationale qui, à son avis, serait la réponse idoine à une crise qui, pour lui, ne serait que de nature sécuritaire. Le FCC ne partage pas cette analyse tronquée et intéressée, comme en témoignent ses communiqués et déclarations des trois dernières années. Pour le FCC, la crise est multiforme et elle a, comme cause-mère, la mauvaise gouvernance du pays par un pouvoir dictatorial et a-social qui a détruit la cohésion nationale, rendant le pays plus que jamais vulnérable. Telle que conçue et présentée par leur initiateur, ces consultations ne sont donc rien de plus, qu’une offre générale d’emplois qui ne peut intéresser que ceux pour qui l’accès aux hautes fonctions de l’Etat sont avant tout un moyen rapide d’enrichissement personnel, plutôt qu’une opportunité pour servir la Nation. Fidèle à son serment de ne jamais trahir le Congo, le FCC n’en fait pas partie.
Troisièmement, ces consultations sont une énième initiative pour prétendument essayer de résoudre la crise. Le FCC se demande pourquoi cette nouvelle initiative, alors qu’il y en a déjà plusieurs en cours? Quelle est la valeur ajoutée de cette initiative, lancée par une des parties à la crise, sinon le crystalisateur de la crise lui-même, par rapport à celles des personnes où organisations moins partisanes et plus crédibles, telles que:
- le Pacte pour la paix et le bien-vivre ensemble porté par la CENCO et l’ECC;
- les processus de Nairobi et de Luanda soutenus par les Nations Unies, l’Union Africaine, la SADC et l’EAC;
Tout bien considéré, le front commun pour le Congo voit en cette nouvelle initiative comme une fuite en avant du pouvoir, une stratégie pour court-circuiter toutes les autres ci-haut citées qui, contrairement à la volonté des tenants du pouvoir, en appellent à une véritable inclusivité de toutes les parties prenantes à la crise et à l’examen des causes profondes de cette dernière.
Ainsi donc, le FCC refuse de prendre part à une messe qui, à l’evidence, cherche plus à légitimer et défendre un pouvoir, plutôt que de servir la cause d’une paix durable et l’intérêt superieur du Congo et des congolais dans leur diversité.