Nous sommes infiltrés, il y a une main noire » derrière les conflits Teke et Yaka au Maï-Ndombe (Gouverneure)

La Gouverneure du Maï-Ndombe Rita Bola alerte sur le conflit opposant le Teke et yaka, dans le territoire de kwamouth. Où plus de 150 morts dont les militaires et policiers ont été enregistrés depuis bientôt 5 mois.

Pour elle « Le pays est en guerre. S’ils ont choisi Kwamouth (dans la province de Maï-Ndombe), c’est parce que c’est l’entrée de Kinshasa. Nous voulons que les décisions se prennent à temps. Il faut agir. Nous sommes infiltrés. Il y a une main noire. Attaquons le problème à la source et sécurisons nos territoires », 

Reçue par le président de l’Assemblée nationale avec les gouverneurs du Kwango Jean-Marie Petit Petit et du Kwilu Willy Itsundala, Rita Bola exhorte toutes les autorités principalement au niveau national de faire quelque chose. 

Pendant ce temps, un faux chef coutumier Yaka appelé communément Kiamfu est accusé d’avoir mis le feu dans ces conflits interethniques. 

Le gouverneur du Kwango, qui le dénonce, indique que ce faux Kiamfu n’est pas un chef traditionnel, mais plutôt un membre de la famille cheffale au Kwango. Il aurait, bien avant, écrit à l’administrateur du territoire de Kwamouth pour lui annoncer qu’il « viendrait à Kwamouth pour installer un chef Yaka ». 

Jean-Marie Peti Peti indique que l’autre cause de ces conflits était la majoration de la quantité de la redevance coutumière par les Teke. 

« Après avoir pris tous les renseignements, écouté les chefs coutumiers Teke, il y a deux points qui ont été retenus dont la hausse de la redevance coutumière. Le fait d’augmenter la redevance coutumière a entraîné automatiquement la révolte des Yaka », déclare-t-il. 

« C’est un problème qu’on devrait régler. Mais malheureusement, il y a un de nous, un faux chef Kiamfu. Il n’est pas Kiamfu, je le dis. Nous ne le connaissons pas. Il fait partie de la famille cheffale, mais il n’est pas Kiamfu. C’est lui qui a mis le feu aux poudres ». 

Et de dénoncer : « il a écrit à l’administrateur du territoire de Kwamouth pour dire qu’il viendra pour installer le chef coutumier Yaka. Quelque chose qui est inadmissible. Même chez moi, dans ma province, je n’accepterai pas qu’un Teke viennent introniser le chef Teke », prévient le gouverneur du Kwango Jean-Marie Peti Peti. 

Après avoir demandé pardon à tous les habitants du Kwango, Jean-Marie Peti Peti invite tous les Yaka en fuite dans la forêt, de sortir pour que soit organisé un colloque pour la réconciliation. 

« Harmonisons nos vues, cessons de nous battre. Il est bien vrai qu’au jour d’aujourd’hui les Yaka sont terrés dans les différentes forêts là-bas. Ce que nous voulons, c’est leur envoyer un message pour qu’ils puissent sortir, créer les couloirs pour qu’ils puissent sortir afin que nous organisions un colloque auquel ils prendront part comme ça ils viendront parler ». 

Les conflits interethniques à Kwamouth entre les peuples Teke et Yaka dans le territoire de Kwamouth a déjà fait plus de 150 morts, de nombreux blessés, déplacés et des habitations incendiées. C’est le deuxième drame enregistré au Maï-Ndombe en seulement 5 ans après les massacres de Yumbi en 2018 qui ont fait plus de 500 morts d’après une enquête de l’ONU. 

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